UNE NOUVELLE VISION DU MONDE
LA TRANSDISCIPLINARIT√Č

Extrait du livre LA TRANSDISCIPLINARIT√Č - Manifeste, par Basarab Nicolescu
√Čditions du Rocher, Monaco - Collection "Transdisciplinarit√©"


Le processus de déclin des civilisations est d'une grande complexité et il plonge ses racines dans la plus totale obscurité. Bien entendu, on peut trouver après coup de multiples explications et rationalisations, sans parvenir à dissiper le sentiment d'un irrationnel agissant au coeur même de ce processus. Les acteurs d'une civilisation bien déterminée, des grandes masses aux grands décideurs, même s'ils prennent plus ou moins conscience du processus de déclin, semblent impuissants à arrêter la chute de leur civilisation. Une chose est certaine : un grand décalage entre les mentalités des acteurs et les nécessités internes de développement d'un type de société, accompagne toujours la chute d'une civilisation. Tout se passe comme si les connaissances et les savoirs qu'une civilisation ne cesse d'accumuler ne pouvaient être intégrées dans l'être intérieur de ceux qui composent cette civilisation. Or, après tout, c'est l'être humain qui se trouve ou devrait se trouver au centre de toute civilisation digne de ce nom.

La croissance sans précédent des savoirs à notre époque rend légitime la question de l'adaptation des mentalités à ces savoirs. L'enjeu est de taille car l'extension continue de la civilisation de type occidental à l'échelle planétaire rendrait sa chute équivalente à un incendie planétaire sans commune mesure avec les deux premières guerres mondiales.

Pour la pens√©e classique il n'y a que deux solutions de sortie d'une situation de d√©clin : la r√©volution sociale ou le retour √† un suppos√© "√Ęge d'or".

La révolution sociale a déjà été expérimentée au cours du siècle qui s'achève et ses résultats ont été catastrophiques. L'homme nouveau n'était qu'un homme creux et triste. Quels que soient les aménagements cosmétiques que le concept de "révolution sociale" ne tardera de subir dans l'avenir, ils ne pourront pas effacer de notre mémoire collective ce qui a été effectivement expérimenté.

Le retour √† l'√Ęge d'or n'a pas encore √©t√© essay√©, pour la simple raison que l'√Ęge d'or n'a pas √©t√© retrouv√©. M√™me si on suppose que cet √Ęge d'or a exist√© dans des temps imm√©moriaux, ce retour devrait n√©cessairement s'accompagner d'une r√©volution int√©rieure dogmatique , image en miroir de la r√©volution sociale. Les diff√©rents int√©grismes religieux qui couvrent la surface de la terre de leur manteau noir sont un mauvais pr√©sage de la violence et du sang qui pourraient jaillir de cette caricature de "r√©volution int√©rieure".

Mais, comme toujours, il y a une troisième solution. Cette troisième solution fait l'objet du présent manifeste.

L'harmonie entre les mentalités et les savoirs présuppose que ces savoirs soient intelligibles, compréhensibles. Mais une compréhension peut-elle encore exister à l'ère du big bang disciplinaire et de la spécialisation à outrance ?

Un Pic de la Mirandole √† notre √©poque est inconcevable. Deux sp√©cialistes de la m√™me discipline ont aujourd'hui du mal √† comprendre leurs propres r√©sultats r√©ciproques. Cela n'a rien de monstrueux dans la mesure o√Ļ c'est l'intelligence collective de la communaut√© attach√©e √† cette discipline qui la fait progresser, et non pas un seul cerveau qui devrait forc√©ment conna√ģtre tous les r√©sultats de tous ses coll√®gues-cerveaux, ce qui est impossible. Car il y a aujourd'hui des centaines de disciplines. Comment un physicien th√©oricien des particules pourrait-il vraiment dialoguer avec un neurophysiologiste, un math√©maticien avec un po√®te, un biologiste avec un √©conomiste, un politicien avec un informaticien, au-del√† de g√©n√©ralit√©s plus ou moins banales ? Et pourtant un v√©ritable d√©cideur devrait pouvoir dialoguer avec tous √† la fois. Le langage disciplinaire est un barrage apparemment infranchissable pour un n√©ophyte. Et nous sommes tous les n√©ophytes des autres. La Tour de Babel serait-elle in√©vitable ?

Néanmoins, un Pic de la Mirandole à notre époque est concevable dans la forme d'un superordinateur dans lequel on pourrait injecter toutes les connaissances de toutes les disciplines. Ce superordinateur pourrait tout savoir mais ne rien comprendre. L'utilisateur de ce superordinateur ne serait pas dans une meilleure situation que le superordinateur lui-même. Il aurait instantanément accès à n'importe quel résultat de n'importe quelle discipline, mais il serait incapable de comprendre leurs significations et encore moins de faire des liens entre les résultats des différentes disciplines.

Ce processus de babélisation ne peut pas continuer sans mettre en danger notre propre existence, car il signifie qu'un décideur devient, malgré lui, de plus en plus incompétent. Les défis majeurs de notre époque, comme par exemple les défis d'ordre éthique, réclament de plus en plus de compétences. Mais la somme des meilleurs spécialistes dans leurs domaines ne peut engendrer, de toute évidence, qu'une incompétence généralisée, car la somme des compétences n'est pas la compétence : sur le plan technique, l'intersection entre les différents domaines du savoir est un ensemble vide. Or, qu'est-ce qu'un décideur, individuel ou collectif, sinon celui qui est capable de prendre en compte toutes les données du problème qu'il examine ?

Le besoin indispensable de liens entre les différentes disciplines s'est traduit par l'émergence, vers le milieu du XXème siècle, de la pluridisciplinarité et de l'interdisciplinarité.

La pluridisciplinarité concerne l'étude d'un objet d'une seule et même discipline par plusieurs disciplines à la fois . Par exemple, un tableau de Giotto peut être étudié par le regard de l'histoire de l'art croisé avec celui de la physique, la chimie, l'histoire des religions, l'histoire de l'Europe et la géométrie. Ou bien, la philosophie marxiste peut être étudiée par le regard croisé de la philosophie avec la physique, l'économie, la psychanalyse ou la littérature. L'objet sortira ainsi enrichi du croisement de plusieurs disciplines. La connaissance de l'objet dans sa propre discipline est approfondie par un apport pluridisciplinaire fécond. La recherche pluridisciplinaire apporte un plus à la discipline en question (l'histoire de l'art ou la philosophie, dans nos exemples), mais ce "plus" est au service exclusif de cette même discipline. Autrement dit, la démarche pluridisciplinaire déborde les disciplines mais sa finalité reste inscrite dans le cadre de la recherche disciplinaire.

L'interdisciplinarité a une ambition différente de celle de la pluridisciplinarité. Elle concerne le transfert des méthodes d'une discipline à l'autre . On peut distinguer trois degrés de l'interdisciplinarité : a) un degré d'application . Par exemple, les méthodes de la physique nucléaire transférées à la médecine conduisent à l'apparition de nouveaux traitements du cancer ; b) un degré épistémologique . Par exemple, le transfert des méthodes de la logique formelle dans le domaine du droit génère des analyses intéressantes dans l'épistémologie du droit ; c) un degré d'engendrement de nouvelles disciplines . Par exemple, le transfert des méthodes de la mathématique dans le domaine de la physique a engendré la physique mathématique, de la physique des particules à l'astrophysique - la cosmologie quantique, de la mathématique aux phénomènes météorologiques ou ceux de la bourse - la théorie du chaos, de l'informatique dans l'art - l'art informatique. Comme la pluridisciplinarité, l'interdisciplinarité déborde les disciplines mais sa finalité reste aussi inscrite dans la recherche disciplinaire . Par son troisième degré, l'interdisciplinarité contribue même au big bang disciplinaire.

La transdisciplinarité concerne, comme le préfixe "trans" l'indique, ce qui est à la fois entre les disciplines, à travers les différentes disciplines et au delà de toute discipline. Sa finalité est la compréhension du monde présent , dont un des impératifs est l'unité de la connaissance.

Y a-t-il quelque chose entre et à travers les disciplines et au delà de toute discipline ? Du point de vue de la pensée classique il n'y a rien, strictement rien. L'espace en question est vide, complètement vide, comme le vide de la physique classique. Même si elle renonce à la vision pyramidale de la connaissance, la pensée classique considère que chaque fragment de la pyramide, engendré par le big bang disciplinaire, est une pyramide entière ; chaque discipline clame que le champ de sa pertinence est inépuisable. Pour la pensée classique, la transdisciplinarité est une absurdité car elle n'a pas d'objet. En revanche pour la transdisciplinarité, la pensée classique n'est pas absurde mais son champ d'application est reconnu comme étant restreint.

En présence de plusieurs niveaux de Réalité, l'espace entre les disciplines et au delà des disciplines est plein, comme le vide quantique est plein de toutes les potentialités : de la particule quantique aux galaxies, du quark aux éléments lourds qui conditionnent l'apparition de la vie dans l'Univers.

La structure discontinue des niveaux de Réalité détermine la structure discontinue de l'espace transdisciplinaire , qui, à son tour, explique pourquoi la recherche transdisciplinaire est radicalement distincte de la recherche disciplinaire, tout en lui étant complémentaire. La recherche disciplinaire concerne, tout au plus, un seul et même niveau de Réalité ; d'ailleurs, dans la plupart des cas, elle ne concerne que des fragments d'un seul et même niveau de Réalité. En revanche, la transdisciplinarité s'intéresse à la dynamique engendrée par l'action de plusieurs niveaux de Réalité à la fois . La découverte de cette dynamique passe nécessairement par la connaissance disciplinaire. La transdisciplinarité, tout en n'étant pas une nouvelle discipline ou une nouvelle hyperdiscipline, se nourrit de la recherche disciplinaire, qui, à son tour, est éclairée d'une manière nouvelle et féconde par la connaissance transdisciplinaire. Dans ce sens, les recherches disciplinaires et transdisciplinaires ne sont pas antagonistes mais complémentaires.

Les trois piliers de la transdisciplinarité - les niveaux de Réalité, la logique du tiers inclus et la complexité - déterminent la méthodologie de la recherche transdisciplinaire .

Un saisissant parallèle existe entre les trois piliers de la transdisciplinarité et les trois postulats de la science moderne.

Les trois postulats méthodologiques de la science moderne sont restés inchangés de Galilée jusqu'à nos jours, malgré l'infinie diversité des méthodes, théories et modèles qui ont traversé l'histoire des différentes disciplines scientifiques. Mais une seule science satisfait entièrement et intégralement les trois postulats : la physique. Les autres disciplines scientifiques ne satisfont que partiellement les trois postulats méthodologiques de la science moderne. Toutefois, l'absence d'une formalisation mathématique rigoureuse de la psychologie, de l'histoire des religions et d'une multitude d'autres disciplines ne conduit pas à l'élimination de ces disciplines du champ de la science. Même les sciences de pointe, comme la biologie moléculaire, ne peuvent pas prétendre, tout du moins pour l'instant, à une formalisation mathématique aussi rigoureuse que celle de la physique. Autrement dit, il y a des degrés de disciplinarité en fonction de la prise en compte, plus ou moins complète, des trois postulats méthodologiques de la science moderne.

De m√™me, la prise en compte plus ou moins compl√®te des trois piliers m√©thodologiques de la recherche transdisciplinaire engendre diff√©rents degr√©s de transdisciplinarit√© . La recherche transdisciplinaire correspondant √† un certain degr√© de transdisciplinarit√© s'approchera plut√īt de la multidisciplinarit√© (comme dans le cas de l'√©thique) ; celle √† un autre degr√© - de l'interdisciplinarit√© (comme dans le cas de l'√©pist√©mologie) ; et celle encore √† un autre degr√© - de la disciplinarit√©.

La disciplinarité, la pluridisciplinarité, l'interdisciplinarité et la transdisciplinarité sont les quatre flèches d'un seul et même arc : celui de la connaissance .

Comme dans le cas de la disciplinarit√©, la recherche transdisciplinaire n'est pas antagoniste mais compl√©mentaire de la recherche pluri et interdisciplinaire. La transdisciplinarit√© est n√©anmoins radicalement distincte de la pluridisciplinarit√© et de l'interdisciplinarit√©, de par sa finalit√©, la compr√©hension du monde pr√©sent, qu'il est impossible d'inscrire dans la recherche disciplinaire. La finalit√© de la pluri et de l'interdisciplinarit√© est toujours la recherche disciplinaire. Si la transdisciplinarit√© est si souvent confondue avec l'interdisciplinarit√© et la pluridisciplinarit√© (comme, d'ailleurs, l'interdisciplinarit√© est si souvent confondue avec la pluridisciplinarit√©), cela s'explique en majeure partie par le fait que toutes les trois d√©bordent les disciplines. Cette confusion est tr√®s nocive dans la mesure o√Ļ elle occulte les finalit√©s diff√©rentes de ces trois nouvelles approches.

Tout en reconnaissant le caractère radicalement distinct de la transdisciplinarité par rapport à la disciplinarité, la pluridisciplinarité et l'interdisciplinarité, il serait extrêmement dangereux d'absolutiser cette distinction, auquel cas la transdisciplinarité serait vidée de tout son contenu et son efficacité dans l'action réduite à néant.

Le caract√®re compl√©mentaire des approches disciplinaire, pluridisciplinaire, interdisciplinaire et transdisciplinaire est mis en √©vidence d'une mani√®re √©clatante, par exemple, dans l'accompagnement des mourants . Cette d√©marche relativement nouvelle de notre civilisation est d'une extr√™me importance, car, en reconnaissant le r√īle de notre mort dans notre vie, nous d√©couvrons des dimensions insoup√ßonn√©es de la vie elle-m√™me. L'accompagnement des mourants ne peut faire l'√©conomie d'une recherche transdisciplinaire dans la mesure o√Ļ la compr√©hension du monde pr√©sent passe par la compr√©hension du sens de notre vie et du sens de notre mort en ce monde qui est n√ītre.



The International Center for Transdisciplinary Research (CIRET)
http://ciret-transdisciplinarity.org/transdisciplinarity.php - Last modified on : Thursday, October 08 2020 11:56:53

A NEW VISION OF THE WORLD
TRANSDISCIPLINARITY

 

Except from the book MANIFESTO OF TRANSDISCIPLINARITY by Basarab Nicolescu

SUNY Press, USA
Translation by Karen-Claire Voss

The process of the decline of civilizations is one of enormous complexity and its roots lie deeply buried in the most profound obscurity. Of course one can find multiple after the fact explanations and rationalizations without ever successfully dispelling the feeling that there is an irrational element at work in the very heart of the process. From the great masses to the great decision makers, the actors in a very well-defined civilization, even if they become more or less aware of the processes of decline, appear powerless to stop the fall of their civilization.

One thing is certain: a great unbalance between the mentalities of the actors and the inner needs of the development of a particular type of society always accompanies the fall of a civilization. Although a civilization never stops proliferating new knowledge, it is as if that knowledge can never be integrated within the interior being of those who belong to this civilization. And after all, it is the human being who must be placed in the center of any civilization worthy of the name.

The unprecedented increase of knowledge in our era renders the question of how to adapt our mentality to this knowledge a legitimate challenge. The challenge is enormous because the influence of the Western style of civilization throughout the planet is so pervasive that its downfall would be the equivalent of a planetary conflagration far exceeding the destruction which we suffered in the two world wars.

Within the framework of classical thought, the only existing solutions for escape from a declining situation are a social revolution or a return to a supposedly "Golden Age".

Social revolution has already been experienced in the course of the century now coming to an end and its results have been catastrophic. The New Man turned out to be only a sad, empty man. No matter what cosmetic ameliorations the concept of "social revolution" undergoes they will never be able to erase from our collective memory that which has actually been experienced.

The return to a Golden Age has not yet been tried, for the simple reason that the existence of a Golden Age in the first place has not been established. Even if one supposes that a Golden Age did exist in time immemorial, such a return would necessarily have to be accompanied by an interior dogmatic revolution , the mirror image of the social revolution. The different religious fundamentalisms which cover the surface of the earth with their black mantle are an evil portent of the violence and blood which would burst forth from this caricature of authentic "interior revolution."

As always, there is a third solution. This third solution constitutes the object of the present manifesto.

Harmony between mentalities and knowledge presupposes that these known facts would be intelligible, comprehensible. But can such understanding exist in the era of the disciplinary big bang and relentless specialization?

In our time, a Pico della Mirandola is inconceivable. Today, two specialists in the same discipline must make a serious effort in order to understand their respective results. There is nothing especially troubling about this in so far as it is the collective intelligence of the community attached to this discipline which makes it progress, not simply a single brain which must necessarily know all the results of all his colleagues' brains, clearly an impossibility. Today there are hundreds of disciplines. How can a theoretical particle physicist truly dialogue with a neurophysiologist, a mathematician with a poet, a biologist with an economist, a politician with a computer programmer, beyond mouthing more or less trivial generalities? Yet, a true decision-maker must be able to dialogue with all of them at once. Disciplinary language is an apparently insurmountable barrier for a neophyte, and each of us is a neophyte in some area. Is a modern tower of Babel inevitable?

Perhaps a Pico della Mirandola in our time could be conceivable if he took the form of a supercomputer into which one could load all the known data which has been generated by all existing disciplines. This supercomputer would be capable of knowing everything while understanding nothing. Its user would be no better off than the supercomputer itself. The user would have immediate access to any results from any discipline, but would be incapable of understanding their meanings, still less of making connections between the results of different disciplines.

This process of "Babelization" cannot continue without putting our own existence into danger because a decision-maker becomes increasingly more incompetent regardless of his or her intention. Without exception, each of the major challenges of our era -- for example, the challenge of formulating an ethics adapted to the contemporary world -- require more and more compe tencies. However, it is obvious that even a group comprised of the best specialists from all the various disciplines would only be able to develop one generalized incompetence, for the simple reason that the sum total of competencies is not competence: on the technical level, the intersection between different domains of knowledge is an empty ensemble. Now, what is a decision maker, individual or collective, if not capable of taking into account all the givens of the problem being examined?

The indispensable need for bridges between the different disciplines is attested to by the emergence of pluridisciplinarity and interdisciplinarity around the middle of the 20th century.

Pluridisciplinarity concerns studying a research topic not in only one discipline but in several at the same time . For example, a painting by Giotto can be studied not only within art history but within history of religions, European history, and geometry. Or else Marxist philosophy can be studied with a view toward blending philosophy with physics, economics, psychoanalysis or literature. The topic in question will ultimately be enriched by blending the perspectives of several disciplines. Moreover, our understanding of the topic in terms of its own discipline is deepened by a fertile multidisciplinary approach. Multidisciplinarity brings a plus to the discipline in question (the history of art or philosophy in our examples), but we must remember that this "plus" is always in the exclusive service of the home discipline. In other words, the multidisciplinary approach overflows disciplinary boundaries while its goal remains limited to the framework of disciplinary research .

Interdisciplinarity has a different goal from multidisciplinarity. It concerns the transfer of methods from one discipline to another . One can distinguish three degrees of interdisciplinarity: a) a degree of application . For example, when the methods of nuclear physics are transferred to medicine it leads to the appearance of new treatments for cancer; b) an epistemological degree . For example, transferring methods of formal logic to the area of general law generates some interesting analyses of the epistemology of law; c) a degree of the generation of new disciplines . For example, when methods from mathe matics were transferred to physics mathematical physics was generated, and when they were transferred to meterological phenomena or stock market processes they generated chaos theory; transferring methods from particle physics to astrophysics produced quantum cosmology; and from the transfer of computer methods to art computer art was derived. Like pluridisciplinarity, interdisciplinarity overflows the disciplines but its goal still remains within the framework of disciplinary research . It is through the third degree that interdisciplinarity contributes to the disciplinary big bang.

As the prefix "trans" indicates, transdisciplinarity concerns that which is at once between the disciplines, across the different disciplines, and beyond all discipline. Its goal is the understanding of the present world , of which one of the imperatives is the unity of knowledge.

Is there something between and across the disciplines and beyond all disciplines? From the point of view of classical thought there is nothing, strictly nothing: the space in question is empty, completely empty, like the vacuum of classical physics. Even if it renounces the pyramidal vision of knowledge, classical thought considers each fragment of the pyramid which is generated by the disciplinary big bang as an entire pyramid; each discipline claims that it is sufficient unto itself. For classical thought, transdisciplinarity appears absurd because it does not appear to have an object. In contrast, within the framework of transdisciplinarity, classical thought does not appear absurd; rather, it simply appears to have a restricted sphere of applicability.

In the presence of several levels of Reality the space between disciplines and beyond disciplines is full just as the quantum vacuum is full of all potentialities: from the quantum particle to the galaxies, from the quark to the heavy elements which condition the appearance of life in the universe. The discontinuous structure of the levels of Reality determines the discontinuous structure of transdisciplinary space , which in turn explains why transdisciplinary research is radical ly distinct from disciplinary research, even while being entirely complementary. Disciplinary research concerns, at most, one and the same level of Reality ; moreover, in most cases, it only concerns fragments of one level of Reality. On the contrary, transdisciplinarity concerns the dynamics engendered by the action of several levels of Reality at once . The discovery of these dynamics necessarily passes through disciplinary knowledge. While not a new discipline or a new superdiscipline, transdisciplinarity is nourished by disciplinary research; in turn, disciplinary research is clarified by transdisciplinary knowledge in a new, fertile way. In this sense, disciplinary and transdisciplinary research are not antagonistic but complementary.

The three pillars of transdisciplinarity -- levels of Reality, the logic of the included middle, and complexity -- determine the methodology of transdisciplinary research .

There is an interesting parallel between the three pillars of transdisciplinarity and the three postulates of modern science.

In spite of an almost infinite diversity of methods, theories and models which have traversed the history of different scientific disciplines, the three methodological postulates of modern science have remained unchanged from Galileo until our day. Only one science has entirely and integrally satisfied the three postulates: physics. The other scientific disciplines only partially satisfy the three methodological postulates of modern science. However, the absence of rigorous mathematical formalization in psychology, history of religions, and a multitude of other disciplines does not lead to the elimination of these disciplines from the field of science. At least for the moment, not even an exact science like molecular biology, can claim a mathematical formalization as rigorous as that of phys ics. In other words, there are degrees of disciplinarity which can respectively take into account more or less completely the three methodological postulates of modern science.

Likewise, the process of more or less completely taking account of the three methodological pillars of transdisciplinary research generates different degrees of transdisciplinarity . Transdisciplinary research which corresponds to a certain degree of transdisciplinarity will be closer to multidisciplinarity (as in the case of ethics); one which corresponds to another degree will be closer to interdisciplinarity (as in the case of epistemology); and that corresponding to yet another degree will be closer to disciplinarity.

Disciplinarity, multidisciplinarity, interdisciplinarity and transdisciplinarity are like four arrows shot from but a single bow: knowledge .

As in the case of disciplinarity, transdisciplinary research is not antagonistic but complementary to multidisciplinarity and interdisciplinarity research. Transdisciplinarity is nevertheless radically distinct from multidisciplinarity and interdisciplinarity because of its goal, the understanding of the present world, which cannot be accomplished in the framework of disciplinary research. The goal of multidisciplinarity and interdisciplinarity always remains within the framework of disciplinary research. If transdisciplinarity is often confused with interdisciplinarity and multidisciplinarity (and by the same token, we note that interdisciplinarity is often confused with multidisciplinarity) this is explained in large part by the fact that all three overflow disciplinary boundaries. This confusion is very harmful to the extent that it functions to hide the different goals of these three new approaches.

Although we recognize the radically distinct character of transdisciplinarity in relation to disciplinarity, multidisciplinarity, and interdisciplinarity, it would be extremely dangerous to absolutize this distinction, in which case transdisciplinarity would be emptied of all its contents and its efficacy in action reduced to nothing.

The complementary character of disciplinary, multidisciplinary, interdisciplinary, and transdisciplinary approaches is demonstrated in a stunning way, for example, by the accompaniment of the dying . This relatively new approach to the dying is extremely important because in recognizing the role of our death in our life, we discover hitherto unsuspected dimensions of life itself. Accompanying the dying is greatly enriched by transdisciplinary research because deeper understanding of the present world must pass through deeper understanding of the meaning of our life and of our death in this world which is ours.


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UMA NOVA VISÃO DO MUNDO:
A TRANSDISCIPLINARIDADE

Extrato do libro "O Manifesto da Transdisciplinaridade", de Basarab Nicolescu
S√£o Paulo : TRIOM,1999

Tradução de Lucia Pereira de Souza

Uma nova vis√£o do mundo: a transdisciplinaridade

 

0 processo de decl√≠nio das civiliza√ß√Ķes √© extremamente complexo e suas ra√≠zes est√£o mergulhadas na mais completa obscuridade. √Č claro que podemos encontrar v√°rias explica√ß√Ķes e racionaliza√ß√Ķes superficiais sem conseguir dissipar o sentimento de um irracional atuando no pr√≥prio cerne deste processo. Os atores  de determinada civiliza√ß√£o, das grandes massas aos grandes lideres, mesmo tendo alguma consci√™ncia do processo de decl√≠nio, parecem impotentes para impedir a queda de sua civiliza√ß√£o. Uma coisa √© certa: uma grande defasagem entre as mentalidades dos atores necessidades internas de desenvolvimento de um tipo de sociedade, sempre acompanha a queda de uma civiliza√ß√£o. Tudo ocorre como se os conhecimentos e os saberes que uma civiliza√ß√£o n√£o para de acumular n√£o pudessem ser integrados no interior daqueles que comp√Ķem esta civiliza√ß√£o. Ora, afinal √© o ser humano se encontra ou deveria se encontrar no centro de qualquer civiliza√ß√£o digna deste nome.

O crescimento sem precedente dos conhecimentos em nossa época torna legítima a questão da adaptação das mentalidades a estes saberes. O desafio é grande pois a expansão contínua da civilização de tipo ocidental por todo o planeta torna sua queda equivalente a um incêndio planetário sem termo de comparação as duas primeiras guerras mundiais.

Para o pensamento cl√°ssico s√≥ existem duas solu√ß√Ķes para sair de uma situa√ß√£o de decl√≠nio: a revolu√ß√£o social ou o retorno a uma suposta "idade de ouro".

A revolução social já foi tentada no decorrer do século que está acabando e seus resultados foram catastróficos. 0 homem novo não passou de um homem vazio e triste. Quaisquer que sejam os retoques cosméticos que o conceito de "revolução social" sofrer no futuro próximo, eles não poderão apagar de nossa memória coletiva aquilo que efetivamente foi experimentado.

O retorno √† idade de ouro ainda n√£o foi tentado, pela simples raz√£o de que a idade de ouro n√£o foi encontrada. Mesmo se supormos que esta idade de ouro tenha existido em tempos imemoriais, este retorno deveria necessariamente se fazer acompanhar por uma revolu√ß√£o interior dogm√°tica, imagem espelhada da revolu√ß√£o social. Os diferentes integrismos religiosos que cobrem a superf√≠cie da terra com seu manto negro s√£o um mau press√°gio da viol√™ncia e do sangue que poderia jorrar desta caricatura de ‚Äėrevolu√ß√£o interior‚Äô.

No entanto, como sempre, há uma terceira solução. Esta terceira solução é o objeto do presente manifesto.

A harmonia entre as mentalidades e os saberes pressup√Ķe que estes saberes sejam intelig√≠veis, compreens√≠veis. Todavia, ainda seria poss√≠vel existir uma compreens√£o na era do big-bang disciplinar e da especializa√ß√£o exagerada?

Um Pico de la Mirandola é inconcebível em nossa época. Dois especialistas na mesma disciplina têm, hoje em dia, dificuldade em compreender seus resultados recíprocos. Isto nada tem de monstruoso, na medida em que é a inteligência coletiva da comunidade ligada a esta disciplina que a faz progredir e não um finito cérebro que teria de conhecer todos os resultados de todos seus colegas-cérebros, o que é impossível. Pois, hoje em dia, existem centenas de disciplinas. Como poderia um físico teórico de partículas dialogar seriamente com um neurofisiologista, um matemático com um poeta, um biólogo com um economista, um político com um especialista em informática, exceto sobre generalidades mais ou menos banais? E no entanto, um verdadeiro líder deveria poder dialogar com todos ao mesmo tempo. A linguagem disciplinar é uma barreira aparentemente intransponível para um neófito. E todos somos neófitos uns dos outros. Seria a Torre de Babel inevitável?

No entanto, um Pico de la Mirandola em nossa √©poca √© conceb√≠vel na forma de um supercomputador no qual poder√≠amos injetar todos os conhecimentos de todas as disciplinas. Este supercomputador poderia tudo saber mas nada compreender. O usu√°rio deste supercomputador n√£o estaria em melhor situa√ß√£o que o pr√≥prio supercomputador. Ele teria acesso instant√Ęneo a n√£o importa que resultado de n√£o importa qual disciplina, mas seria incapaz de compreender seus significados e muito menos de fazer liga√ß√£o entre os resultados das diferentes disciplinas.

Este processo de babelização não pode continuar sem colocar em perigo nossa própria existência, pois faz com que qualquer líder se torne, queira ou não, cada vez mais incompetente. Um dos maiores desafios de nossa época, como por exemplo os desafios de ordem ética, exigem competências cada vez maiores. Mas a soma dos melhores especialistas em suas especialidades não consegue gerar senão uma incompetência generalizada, pois a soma das competências não é a competência: no plano técnico, a intercessão entre os diferentes campos do saber é um conjunto vazio. Ora, o que vem a ser um líder, individual ou coletivo, senão aquele que é capaz de levar em conta todos os dados do problema que examina?

A necessidade indispensável de laços entre as diferentes disciplinas traduziu-se pelo surgimento, na metade do século XX da pluridisciplinaridade e da interdisciplinaridade.

A pluridisciplinaridade diz respeito ao estudo de um objeto de uma mesma e √ļnica disciplina por v√°rias disciplinas ao mesmo tempo. Por exemplo, um quadro de Giotto pode ser estudado pela √≥tica da hist√≥ria da arte, em conjunto com a da f√≠sica, da qu√≠mica, da hist√≥ria das religi√Ķes, da hist√≥ria da Europa e da geometria. Ou ainda, a filosofia marxista pode ser estudada pelas √≥ticas conjugadas da filosofia, da f√≠sica, da economia, da psican√°lise ou da literatura. Com isso, o objeto sair√° assim enriquecido pelo cruzamento de v√°rias disciplinas. O conhecimento, do objeto em sua pr√≥pria disciplina √© aprofundado por uma fecunda contribui√ß√£o pluridisciplinar. A pesquisa pluridisciplinar traz um algo a mais √† disciplina em quest√£o (a hist√≥ria da arte ou a filosofia, em nossos exemplos), por√©m este algo a mais est√° a servi√ßo apenas desta mesma disciplina. Em outras palavras, a abordagem pluridisciplinar ultrapassa as disciplinas, mas sua finalidade continua inscrita na estrutura da pesquisa disciplinar.

A interdisciplinaridade tem uma ambi√ß√£o diferente daquela da pluridisciplinaridade. Ela diz respeito √† transfer√™ncia de m√©todos de uma disciplina para outra. Podemos distinguir tr√™s graus de interdisciplinaridade: a) um grau de aplica√ß√£o. Por exemplo, os m√©todos da f√≠sica nuclear transferidos para a medicina levam ao aparecimento de novos tratamentos para o c√Ęncer; b) um grau epistemol√≥gico. Por exemplo, a transfer√™ncia de m√©todos da l√≥gica formal para o campo do direito produz an√°lises interessantes na epistemologia do direito; c) um grau de gera√ß√£o de novas disciplinas. Por exemplo, a transfer√™ncia dos m√©todos da matem√°tica para o campo da f√≠sica gerou a f√≠sica-matem√°tica; os da f√≠sica de part√≠culas para a astrof√≠sica, a cosmologia qu√Ęntica; os da matem√°tica para os fen√īmenos meteorol√≥gicos ou para os da bolsa, a teoria do caos; os da inform√°tica para a arte, a arte inform√°tica. Como a pluridisciplinaridade, a interdisciplinaridade ultrapassa as disciplinas, mas sua finalidade tamb√©m permanece inscrita na pesquisa disciplinar. Pelo seu terceiro grau, a interdisciplinaridade chega a contribuir para o big-bang disciplinar.

A transdisciplinaridade, como o prefixo ‚Äėtrans‚Äô indica, diz respeito √†quilo que esta ao mesmo tempo entre as disciplinas, atrav√©s das diferentes disciplinas e al√©m, de qualquer disciplina. Seu objetivo √© a compreens√£o do mundo presente, para o qual um dos imperativos √© a unidade do conhecimento.

Haveria alguma coisa entre e atrav√©s das disciplinas e al√©m delas? Do ponto de vista do pensamento cl√°ssico, n√£o h√° nada, absolutamente nada. O espa√ßo em quest√£o √© vazio, completamente vazio, como o vazio da f√≠sica cl√°ssica. Mesmo renunciando √† vis√£o piramidal do conhecimento, o pensamento cl√°ssico considera que cada fragmento da pir√Ęmide, gerado pelo big-bang disciplinar, √© uma pir√Ęmide inteira; cada disciplina proclama que o campo de sua pertin√™ncia √© inesgot√°vel. Para o pensamento cl√°ssico, a transclisciplinaridade √© um absurdo porque n√£o tem objeto. Para a transdisciplinaridade, por sua vez, o pensamento cl√°ssico n√£o √© absurdo, mas seu campo de aplica√ß√£o √© considerado como restrito.

Diante de v√°rios n√≠veis de Realidade, o espa√ßo entre as disciplinas e al√©m delas est√° cheio, como o vazio qu√Ęntico est√° cheio de todas as potencialidades: da part√≠cula qu√Ęntica √†s gal√°xias, do quark aos elementos pesados que condicionam o aparecimento da vida no Universo.

A estrutura descont√≠nua dos n√≠veis de Realidade determina a estrutura descont√≠nua do espa√ßo transdisciplinar, que, por sua vez, explica porque a pesquisa transdisciplinar √© radicalmente distinta da pesquisa disciplinar, mesmo sendo complementar a esta. A pesquisa disciplinar diz respeito, no m√°ximo, a um √ļnico e mesmo n√≠vel de Realidade, ali√°s, na maioria dos casos, ela s√≥ diz respeito a fragmentos de um √ļnico e mesmo n√≠vel de Realidade. Por outro lado, a transdisciplinaridade se interessa pela din√Ęmica gerada pela a√ß√£o de v√°rios n√≠veis de Realidade ao mesmo tempo. A descoberta desta din√Ęmica passa necessariamente pelo conhecimento disciplinar. Embora a transclisciplinaridade n√£o seja uma nova disciplina, nem uma nova hiperdisciplina, alimenta-se da pesquisa disciplinar que, por sua vez, √© iluminada de maneira nova e fecunda pelo conhecimento transdisciplinar. Neste sentido, as pesquisas disciplinares e transdisciplinares n√£o s√£o antagonistas mas complementares.

Os três pilares da transdisciplinaridade - os níveis de Realidade, a lógica do terceiro incluído e a complexidade - determinam a metodologia da pesquisa transdisciplinar.

Há um paralelo surpreendente entre os três pilares da transdisciplinaridade e os três postulados da ciência moderna.

Os tr√™s postulados metodol√≥gicos da ci√™ncia moderna permaneceram imut√°veis de Galileu at√© os nossos dias, apesar da infinita diversidade dos m√©todos, teorias e modelos que atravessaram a hist√≥ria das diferentes disciplinas cient√≠ficas. No entanto, uma √ļnica ci√™ncia satisfaz inteira e integralmente os tr√™s postulados: a f√≠sica. As outras disciplinas cient√≠ficas s√≥ satisfazem parcialmente os tr√™s postulados metodol√≥gicos da ci√™ncia moderna.Todavia, a aus√™ncia de uma formaliza√ß√£o matem√°tica rigorosa da psicologia, da historia das religi√Ķes e de um n√ļmero enorme de outras disciplinas n√£o leva √† elimina√ß√£o dessas disciplinas do campo da ci√™ncia. Mesmo as ci√™ncias de ponta, como a biologia molecular, n√£o podem pretender, ao menos por enquanto, uma formaliza√ß√£o matem√°tica t√£o rigorosa como a da f√≠sica. Em outras palavras, h√° graus de disciplinaridade proporcionais √† maior ou menor satisfa√ß√£o dos tr√™s postulados metodol√≥gicos da ci√™ncia moderna.

Da mesma forma, a maior ou menor satisfação dos três pilares metodológicos da pesquisa transdisciplinar gera diferentes graus de transdisciplinaridade. A pesquisa transdisciplinar correspondente a um certo grau de transdisciplinaridade se aproximará mais da multidisciplinaridade (como no caso da ética); num outro grau, se aproximará mais da interdisciplinaridade (como no caso da epistemologia); e ainda num outro grau, se aproximará mais da disciplinaridade.

A disciplinaridade, a pluridisciplinaridade, a interdisciplinaridade e a transdisciplinaridade s√£o as quatro flechas de um √ļnico e mesmo arco: o do conhecimento.

Como no caso da disciplinaridade, a pesquisa transdisciplinar não é antagonista mas complementar à pesquisa pluri e interdisciplinar. A transdisciplinaridade é, no entanto, radicalmente distinta da pluri e da interdisciplinaridade, por sua finalidade: a compreensão do mundo presente, impossível de ser inscrita na pesquisa disciplinar. A finalidade da pluri e da interdisciplinaridade sempre é a pesquisa disciplinar. Se a transdisciplinaridade é tão frequentemente confundida com a inter e a pluridisciplinaridade (como, aliás, a interdisciplinaridade é tão frequentemente confundida com a pluridisciplinaridade), isto se explica em grande parte pelo fato de que todas as três ultrapassam as disciplinas. Esta confusão é muito prejudicial, na medida em que esconde as diferentes finalidades destas três novas abordagens.

Embora reconhecendo o car√°ter radicalmente distinto da transdisciplinaridade em rela√ß√£o √† disciplinaridade, √† pluridisciplinaridade e √† interdisciplinaridade, seria extremamente perigoso absolutizar esta distin√ß√£o, pois neste caso a transdisciplinaridade seria esvaziada de todo seu conte√ļdo e sua efic√°cia na a√ß√£o reduzida a nada.

O car√°ter complementar das abordagens disciplinar, pluridisciplinar, interdisciplinar e transdisciplinar √© evidenciado de maneira fulgurante, por exemplo, no acompanhamento dos agonizantes. Esta atitude relativamente nova de nossa civiliza√ß√£o √© extremamente importante, pois, reconhecendo o papel de nossa morte em nossa vida, descobrimos dimens√Ķes insuspeitas da pr√≥pria vida. O acompanhamento dos agonizantes n√£o pode dispensar uma pesquisa transdisciplinar, na medida em que a compreens√£o do mundo presente passa pela compreens√£o do sentido de nossa vida e do sentido de nossa morte neste mundo que √© o nosso.


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LA TRANSDISCIPLINARIEDAD
UNA NUEVA VISI√ďN DEL MUNDO

Extracto del libro LA TRANSDISCIPLINARIEDAD-Manifiesto de Basarab Nicolescu
 

Traducción del Francés Consuelle Falla Garmilla

 
El proceso de decadencia de las civilizaciones es de una gran complejidad y tiene sus ra√≠ces en la m√°s completa obscuridad. Por supuesto, se pueden encontrar a posteriori, m√ļltiples explicaciones y racionalizaciones sin llegar a disipar el sentimiento de una irracionalidad que se oculta en el coraz√≥n mismo de ese proceso. Los actores de una civilizaci√≥n bien determinada, desde las grandes masas a los grandes dirigentes, se ven impotentes para detener la ca√≠da de su civilizaci√≥n independientemente del nivel de conciencia que tengan del proceso de decadencia. Una cosa es cierta: una gran diferencia entre las mentalidades de los actores y las necesidades internas de desarrollo de un tipo de sociedad acompa√Īa siempre la ca√≠da de una civilizaci√≥n. Todo pasa como si los conocimientos y los saberes que una civilizaci√≥n no cesa de acumular no pueden integrarse en el ser interior de aquellos que componen dicha civilizaci√≥n. Ello a pesar de que el ser humano deber√≠a encontrarse en el centro de toda civilizaci√≥n digna de ese nombre.
El crecimiento sin precedente de los saberes en nuestra √©poca vuelve leg√≠tima la cuesti√≥n de la adaptaci√≥n de las mentalidades a esos saberes. El juego es de grandes proporciones porque dada la extensi√≥n continua de la civilizaci√≥n de tipo occidental a escala planetaria su ca√≠da ser√≠a equivalente a un incendio interplanetario sin medida com√ļn con las dos guerras mundiales.
Para el pensamiento clásico no hay más que dos soluciones posibles para salir de una situación de decadencia: la revolución social o el retorno a la supuesta Çedad de oro".
La revolución social ha sido experimentada en el curso del siglo que termina y sus resultados han sido catastróficos. El hombre nuevo no era más que un hombre vacío y triste. Cualquiera que sean los arreglos cosméticos que no tardará en sufrir en el futuro la "revolución social", no podrán borrar de nuestra memoria colectiva lo que ha sido efectivamente experimentado.
El regreso a la edad de oro no se ha ensayado todav√≠a por la simple raz√≥n que la edad de oro no ha sido encontrada. A√ļn si se llega a suponer que dicha edad de oro existi√≥ en tiempos inmemoriables, ese retorno deber√≠a acompa√Īarse de una revoluci√≥n interior dogm√°tica , imagen retrospectiva de la revoluci√≥n social. Los diferentes integrismos religiosos que cubren la superficie de la tierra con su manto negro son un presagio funesto de la violencia y la sangre que podr√≠a brotar de esa caricatura de "revoluci√≥n interior".
Pero, como siempre, hay una tercera solución. Esa tercera solución es el tema del presente manifiesto.
La armon√≠a entre las mentalidades y los saberes presupone que esos saberes sean inteligibles, comprensibles. ¬ŅPero puede a√ļn existir una comprensi√≥n en la era del gran "bang" disciplinar y de la especializaci√≥n exagerada?.
Un Pic de la Mirandole en nuestra √©poca es inconcebible. Dos especialistas de la misma disciplina tienen dificultad en entender, hoy d√≠a, sus propios resultados rec√≠procos. Eso no tiene nada de monstruoso en la medida en la que es la inteligencia colectiva de la comunidad apegada a esa disciplina la que hace progresar y no solo es un cerebro el que debe por fuerza conocer todos los resultados de todos esos cerebros-colegas, situaci√≥n √©sta por dem√°s imposible. Por otra parte debido a que hoy en d√≠a hay centenares de disciplinas uno se pregunta. ¬Ņc√≥mo podr√≠a un teorizante en f√≠sica de las part√≠culas dialogar verdaderamente con un neurofisi√≥logo; un matem√°tico con un poeta, un bi√≥logo con un economista, un pol√≠tico con un especialista en inform√°tica, m√°s all√° de las generalidades m√°s o menos banales? Y sin embargo un verdadero dirigente debe poder dialogar con todos a la vez. El lenguaje disciplinario es una barrera aparentemente infranqueable para un ne√≥fito. Y todos somos ne√≥fitos de los otros. ¬ŅLa Torre de Babel ser√° inevitable?
No obstante, un Pic de Mirandole en nuestra √©poca es concebible como una supercomputadora a la cual se podr√≠a alimentar todos los conocimientos de todas las disciplinas. Esa supercomputadora podr√≠a saber todo pero no entender nada. El que utilizara dicha supercomputadora no estar√≠a en mejor situaci√≥n que la supercomputadora misma. Tendr√≠a acceso instant√°neo a no importa cual resultado de no importa cual disciplina pero no ser√≠a capaz de entender sus significados y a√ļn menos formar lazos de uni√≥n entre los resultados de las diferentes disciplinas.
Ese proceso de babelizaci√≥n no puede continuar sin poner en peligro nuestra propia existencia porque significa que un dirigente se vuelve a√ļn sin querer, m√°s y m√°s incompetente. Los desaf√≠os mayores de nuestra √©poca, como por ejemplo los desaf√≠os √©ticos, requieren capacidades m√°s y m√°s amplias. Pero la suma de los mejores especialistas en sus dominios no puede engendrar, evidentemente, m√°s que incompetencia generalizada, porque el total de las capacidades no es la capacidad: en plan t√©cnico, la intersecci√≥n entre los diferentes campos del saber es un conjunto vac√≠o. Ahora bien, ¬Ņqu√© es un dirigente individual o colectivo sino aquel que es capaz de tener en cuenta todos los elementos del problema que examina?
La necesidad indispensable de entrelazar las diferentes disciplinas se manifiesta en el surgimiento, hacia la mitad del siglo veinte, de la pluridisciplinariedad y de la interdisciplinariedad.
La pluridisciplinariedad consiste en el estudio del objeto de una sola y misma disciplina por medio de varias disciplinas a la vez. Por ejemplo, un cuadro de Giotto puede estudiarse por la historia del arte alternando con la física, la química, la historia de las religiones, la historia de Europa y la geometría. O bien, la filosofía marxista puede estudiarse por la filosofía alternando con la física, la economía, el psicoanálisis o la literatura. El objeto saldrá así enriquecido por la convergencia de varias disciplinas. El conocimiento del objeto dentro de su propia disciplina se profundiza con la aportación pluridisciplinaria fecunda. La investigación pluridisciplinaria en consecuencia aporta un "más" a la disciplina en cuestión/la historia del arte o la filosofía en nuestros ejemplos/, pero ese "más" está al servicio exclusivo de esa misma disciplina. Dicho de otro modo, la gestión pluridisciplinaria sobrepasa las disciplinas pero su finalidad queda inscrita en el marco de la investigación disciplinaria.
La interdisciplinariedad tiene una mirada diferente. Concierne a la transferencia de métodos de una disciplina a otra. Se pueden distinguir tres grados de interdisciplinariedad: a) un grado de aplicación . Por ejemplo, los métodos de la física nuclear transferidos a la medicina conducen a la aparición de nuevos tratamientos del cáncer; b) un grado epistemológico . Por ejemplo, la transferencia de los métodos de la lógica formal en el campo del derecho genera análisis interesantes en la epistemología del derecho; c) un grado de concepción de nuevas disciplinas. Por ejemplo, la transferencia de los métodos de la matemática en el campo de la física ha engendrado la físico-matemática, de la física de las partículas a la astrofísica -la cosmología cuántica, de la matemática a los fenómenos meteorológicos o los de la bolsa -la teoría del caos, de la informática en el arte- el arte informático. Como la pluridisciplinariedad, la interdisciplinariedad sobrepasa las disciplinas pero su finalidad queda inscrita en la investigación disciplinaria . Por su tercer grado, la interdisciplinariedad contribuye al gran "bang" disciplinario.
La transdisciplinariedad por su parte concierne, como lo indica el prefijo "trans", a lo que simultáneamente es entre las disciplinas a través de las diferentes disciplinas y más allá de toda disciplina. Su finalidad es la comprensión del mundo presente, uno de cuyos imperativos es la unidad del conocimiento.
¬ŅHay algo entre y a trav√©s de las disciplinas y m√°s all√° de toda disciplina? Desde el punto de vista del pensamiento cl√°sico no hay nada, estrictamente nada. El espacio en cuesti√≥n est√° vac√≠o, como el vac√≠o de la f√≠sica cl√°sica. A√ļn cuando renuncia a la visi√≥n piramidal del conocimiento, el pensamiento cl√°sico considera que cada fragmento de la pir√°mide por el gran "bang" disciplinario es una pir√°mide entera; cada disciplina pretende que el campo que le pertenece es inagotable. Para el pensamiento cl√°sico la transdisciplinariedad es un absurdo porque no tiene objeto. En cambio para la transdisciplinariedad el pensamiento cl√°sico no es absurdo pero su campo de aplicaci√≥n es considerado restringido.
En presencia de varios niveles de Realidad, el espacio entre las disciplinas y más allá de las disciplinas está lleno, como el vacío cuántico está lleno de todas las potencialidades: desde la partícula cuántica a las galaxias, del quarzo a los elementos pesados que preparan la aparición de la vida en el Universo.
La estructura discontinua de los niveles de Realidad determina la estructura discontinua del espacio transdisciplinario que, a su vez, explica por qué la investigación transdisciplinaria es radicalmente distinta a la investigación disciplinaria, siéndole sin embargo complementaria. La investigación disciplinaria concierne más o menos a un solo y mismo nivel de Realidad , por otra parte, en la mayoría de los casos no concierne más que a los fragmentos de un solo y mismo nivel de Realidad. En cambio la transdisciplinariedad se interesa en la dinámica que se engendra por la acción simultánea de varios niveles de Realidad. El descubrimiento de dicha dinámica pasa necesariamente por el conocimiento disciplinario. La transdisciplinariedad, aunque no siendo una nueva disciplina o una nueva hiperdisciplina se nutre de la investigación disciplinaria la cual a su vez se aclara de una manera nueva y fecunda por medio del conocimiento transdisciplinario. En ese sentido las investigaciones disciplinarias y transdisciplinarias no son antagónicas, son complementarias.
Los tres pilares de la transdiciplinariedad -los niveles de Realidad, la lógica del tercero incluido y la complejidad- determinan la metodología de la investigación transdisciplinaria.
Existe un paralelo sorprendente entre los tres pilares de la transdisciplinariedad y los tres postulados de la ciencia moderna.
Los tres postulados metodol√≥gicos de la ciencia moderna han permanecido sin cambios desde galileo hasta nuestros d√≠as, a pesar de la infinidad de m√©todos, teor√≠as y modelos por los que han atravesado la historia de las diferentes disciplinas cient√≠ficas. Pero solo una ciencia satisface enteramente los tres postulados: la f√≠sica. Las otras disciplinas cient√≠ficas satisfacen solo parcialmente los tres postulados metodol√≥gicos de la ciencia moderna. Sin embargo la ausencia de una formalizaci√≥n matem√°tica rigurosa de la psicolog√≠a, de la historia de las religiones y de una multitud de otras disciplinas no llevan a la eliminaci√≥n de dichas disciplinas del campo de la ciencia. A√ļn las ciencias de punta como la biolog√≠a molecular, no pueden pretender por el momento, al menos, una formalizaci√≥n matem√°tica tan rigurosa como la f√≠sica. Dicho de otra manera hay grados de disciplinariedad en funci√≥n de que se tome en cuenta, m√°s o menos de manera completa, los tres postulados metodol√≥gicos de la ciencia moderna.
Igualmente, el tomar en cuenta de manera m√°s o menos completa los tres pilares metodol√≥gicos de la investigaci√≥n engendra diferentes grados de transdisciplinariedad . La investigaci√≥n transdisciplinaria correspondiente a un cierto grado de transdisciplinariedad se aproxima m√°s bien a la multidisciplinariedad (como es el caso de la √©tica); a la de otro grado -el de la interdisciplinariedad (como en el caso de la epistemolog√≠a)-; y a√ļn a otro grado el de la disciplinariedad.
La disciplinariedad, la pluridisciplinariedad, la interdisciplinariedad y la transdisciplinariedad son las cuatro flechas de un solo y mismo arco: el del conocimiento .
Como en el caso de la disciplinariedad, la investigación transdisciplinaria no es antagonista sino complementaria a la investigación pluri e interdisciplinaria. La transdisciplinariedad es sin embargo radicalmente distinta a la pluridisciplinariedad y a la interdisciplinariedad, por su finalidad, la comprensión del mundo presente, que es imposible inscribir en la investigación disciplinaria. La finalidad de la pluri y de la interdisciplinariedad es siempre la investigación disciplinaria. Si la transdisciplinariedad es con frecuencia confundida con la interdisciplinariedad y la pluridisciplinariedad (como por otra parte, la interdisciplinariedad es frecuentemente confundida con la pluridisciplinariedad) esos se explica en parte por el hecho de que las tres desbordan las disciplinas. Esta confusión oculta las diferentes finalidades de estas tres nuevas aproximaciones.
Absolutizar el carácter radicalmente distinto de la transdisciplinaridad en relación a la disciplinariedad, la pluridisciplinariedad y la interdisciplinariedad, es extremadamente peligroso ya que la transdisciplinariedad sería vaciada de todo su contenido y su eficacia en la acción reducida a la nada.
El car√°cter complementario de las diversas aproximaciones, la disciplinaria, la pluridisciplinaria, interdisciplinaria y transdisciplinaria se pone en evidencia de una manera clara, por ejemplo, en el acompa√Īamiento de los moribundos . Este paso relativamente nuevo de nuestra civilizaci√≥n es de suma importancia, porque, al reconocer el papel de nuestra muerte en nuestra vida, descubrimos dimensiones insospechadas de la vida misma. El acompa√Īamiento de los moribundos no puede ahorrarse una investigaci√≥n transdisciplinaria en la medida en que la comprensi√≥n del mundo presente pasa por la comprensi√≥n del sentido de nuestra vida y del sentido de nuestra muerte en este mundo que es el nuestro.
 

Traducción del Francés
Consuelo Falla Garmilla
Escuela Nacional de Trabajo Social
Universidad Nacional Autonoma de México


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O NOUÃ VIZIUNE ASUPRA LUMII
TRANSDISCIPLINARITATEA

Extras din cartea TRANSDISCIPLINARITATE - Manifest, de Basarab Nicolescu
Editura Polirom, Iasi, Rom√Ęnia,

traducere de Horia Vasilescu, editie ingrijita de Magda C√£rneci

 

Declinul civilizatiilor este un proces de o mare complexitate si care isi are r√£d√£cinile √ģn negurile cele mai profunde. Bine√ģnteles, post-factum se pot g√£si multiple interpret√£ri si rationaliz√£ri, f√£r√£ √ģns√£ a reusi s√£ se risipeasc√£ sentimentul existentei unui irational care se manifest√£ √ģn chiar centrul acestui proces. Actorii unei civilizatii precis determinate - de la marile mase la marii factori decizionali -, chiar dac√£ sunt mai mult sau mai putin constienti de acest declin, par neputinciosi √ģn a-i opri dec√£derea. Un lucru este cert : un mare decalaj √ģntre mentalit√£tile actorilor si necesit√£tile interne de dezvoltare a unui anume tip de societate √ģnsoteste √ģntotdeauna dec√£derea unei civilizatii. Totul se petrece ca si cum cunostintele si √ģnv√£t√£turile pe care o civilizatie nu √ģnceteaz√£ s√£ le acumuleze nu ar putea fi integrate √ģn fiinta interioar√£ a celor ce compun acea civilizatie. Ori, √ģn definitiv, fiinta uman√£ este cea care se afl√£ sau ar trebui s√£ se afle √ģn centrul oric√£rei civilizatii demne de acest nume.

Prin cresterea f√£r√£ precedent a cunostintelor √ģn epoca noastr√£, cap√£t√£ legitimitate problema adapt√£rii mentalit√£tilor la aceste cunostinte. Miza este considerabil√£ c√£ci extinderea continu√£ a civilizatiei de tip occidental la scar√£ planetar√£ ar face ca pr√£busirea sa s√£ echivaleze cu un incendiu planetar de neegalat cu primele dou√£ r√£zboaie mondiale.

Pentru g√ģndirea clasic√£ nu exist√£ dec√ģt dou√£ solutii de iesire dintr-o situatie de declin: revolutia social√£ ori √ģntoarcerea la o presupus√£ "v√ģrst√£ de aur".

Revolutia social√£ a fost deja experimentat√£ √ģn decursul secolului ce tocmai se sf√ģrseste iar rezultatele au fost catastrofale. Omul nou nu era dec√ģt o fiint√£ g√£unoas√£ si trist√£. Indiferent de cosmetiz√£rile conceptului de "revolutie social√£", ce nu vor √ģnt√ģrzia s√£ apar√£ √ģn viitor, acestea nu vor putea sterge din memoria noastr√£ colectiv√£ ceea ce s-a experimentat efectiv.
 
Intoarcerea la o v√ģrst√£ de aur nu a fost √ģnc√£ √ģncercat√£, pentru simplul motiv c√£ v√ģrsta de aur nu a fost reg√£sit√£. Chiar dac√£ se presupune c√£ aceast√£ v√ģrst√£ de aur ar fi existat √ģn vremuri imemoriale, √ģntoarcerea ar trebui √ģn mod necesar s√£ fie √ģnsotit√£ de o revolutie dogmatic√£ interioar√£, imaginea √ģn oglind√£ a revolutiei sociale. Diferitele fundamentalisme religioase care-si √ģntind mantalele negre peste √ģntregul glob terestru reprezint√£ un r√£u semn prevestitor al violentei si s√ģngelui ce ar putea t√ģsni din aceast√£ caricatur√£ de "revolutie interioar√£".

Dar, ca √ģntotdeauna, exist√£ o a treia solutie. Aceast√£ a treia solutie face obiectul prezentului manifest.

Armonia dintre mentalit√£ti si cunostinte presupune ca aceste cunostinte s√£ fie inteligibile, pe √ģnteles. Dar mai poate exista comprehensibilitate √ģn era big-bang -ului disciplinar si a specializ√£rilor excesive?

Un Pico de la Mirandola este de neconceput √ģn epoca noastr√£. Chiar si unui specialist √ģi vine ast√£zi greu s√£ √ģnteleag√£ rezultatele obtinute de alt specialist din aceeasi disciplin√£. Lucrul acesta nu este monstruos √ģn m√£sura √ģn care progresul respectivei discipline se datoreaz√£ inteligentei colective a comunit√£tii atasate acesteia si nu doar unui singur creier care, fatalmente, ar trebui s√£ cunoasc√£ toate rezultatele obtinute de toti colegii-creiere, ceea ce este imposibil. C√£ci ast√£zi exist√£ sute de discipline. Cum ar putea oare dialoga cu adev√£rat, ast√£zi, un fizician teoretician al particulelor cu un neurofiziolog, un matematician cu un poet, un biolog cu un economist, un politician cu un informatician, dincolo de niste generalit√£ti mai mult sau mai putin banale ? Si totusi, un adev√£rat factor de decizie ar trebui s√£ poat√£ dialoga cu toti deodat√£. Limbajul disciplinar este un obstacol aparent de netrecut pentru un neofit. Iar noi, toti, suntem neofitii altora. Turnul lui Babel este oare inevitabil?

Cu toate acestea, un Pico de la Mirandola al vremurilor noastre poate fi conceput sub forma unui supercalculator √ģn care s-ar putea injecta toate cunostintele din toate disciplinele. Acest supercalculator ar putea sti totul si nu ar pricepe nimic. Nici utilizatorul acestui supercalculator nu s-ar afla √ģntr-o situatie mai bun√£. El ar avea acces instantaneu la orice rezultat din oricare disciplin√£, dar ar fi incapabil s√£-i priceap√£ semnificatiile si cu at√ģt mai putin s√£ fac√£ leg√£turile √ģntre rezultatele diferitelor discipline.

Acest proces de babelizare nu poate continua f√£r√£ a ne primejdui propria existent√£, c√£ci astfel un factor de decizie ar deveni, f√£r√£ voie, din ce √ģn ce mai incompetent. Sfid√£rile majore ale epocii noastre, cum ar fi de exemplu cele de ordin etic, reclam√£ din ce √ģn ce mai multe competente. Numai c√£ suma celor mai buni specialisti √ģn domeniile lor respective nu poate, evident, s√£ dea nastere dec√ģt unei incompetente generalizate, fiindc√£ suma competentelor nu este competenta : √ģn plan tehnic, intersectarea diferitelor domenii ale cunoasterii este o multime vid√£. Ori, ce √ģnseamn√£ factor de decizie, fie el individual ori colectiv, dac√£ nu acel factor capabil s√£ ia √ģn consideratie toate datele problemei examinate?

Nevoia stringent√£ de punti √ģntre diferitele discipline s-a concretizat prin aparitia, c√£tre mijlocul secolului al XX-lea, a pluridisciplinarit√£tii si a interdisciplinarit√£tii.

Pluridisciplinaritatea se refer√£ la studierea unui obiect dintr-una si aceeasi disciplin√£ prin intermediul mai multor discipline deodat√£. De exemplu, un tablou de Giotto poate fi studiat din perspectiva istoriei artei intersectat√£ de aceea a fizicii, chimiei, istoriei religiilor, istoriei Europei si geometriei. Sau, filosofia marxist√£ poate fi studiat√£ din orizontul filosofiei √ģncrucisat cu acela al fizicii, economiei, psihanalizei ori literaturii. Obiectul va iesi astfel mai √ģmbog√£tit √ģn urma √ģncrucis√£rii mai multor discipline. Cunoasterea obiectului obtinut√£ √ģn cadrul propriei discipline de studiu este ad√ģncit√£ de un aport pluridisciplinar fecund. Cercetarea pluridisciplinar√£ aduce un plus disciplinei √ģn cauz√£ (istoria artei sau filosofia √ģn exemplele de mai sus), dar acest "plus" se afl√£ √ģn slujba exclusiv√£ a disciplinei respective. Cu alte cuvinte, demersul pluridisciplinar se revars√£ peste limitele disciplinelor dar finalitatea sa r√£m√ģne √ģnscris√£ √ģn cadrul cercet√£rii disciplinare.

Interdisciplinaritatea are o alt√£ ambitie, diferit√£ de aceea a pluridisciplinarit√£tii. Ea se refer√£ la transferul metodelor dintr-o disciplin√£ √ģntr-alta. Se pot distinge trei grade de interdisciplinaritate: a) un grad aplicativ. De pild√£, metodele fizicii nucleare transferate √ģn medicin√£ duc la aparitia unor noi tratamente contra cancerului; b) un grad epistemologic. De exemplu, transferul metodelor logicii formale √ģn domeniul dreptului genereaz√£ analize interesante √ģn epistemologia dreptului; c) un grad generator de noi discipline. De exemplu, transferul metodelor matematicii √ģn domeniul fizicii a generat fizica matematic√£, al metodelor din fizica particulelor √ģn astrofizic√£ a dat nastere cosmologiei cuantice, al matematicii √ģn studierea fenomenelor meterologice sau de burs√£ a generat teoria haosului, al informaticii √ģn art√£ a dus la arta informatic√£. Ca si pluridisciplinaritatea, interdisciplinaritatea debordeaz√£ limitele disciplinei √ģns√£ finalitatea sa r√£m√ģne de asemenea √ģnscris√£ √ģn cercetarea interdisciplinar√£. Prin al treilea grad al s√£u, interdisciplinaritatea contribuie chiar la big-bang -ul disciplinar.

Transdisciplinaritatea priveste - asa cum indic√£ prefixul "trans" - ceea ce se afl√£ √ģn acelasi timp si √ģntre discipline, si √ģn√£untrul diverselor discipline, si dincolo de orice disciplin√£. Finalitatea ei este √ģntelegerea lumii prezente, unul din imperativele sale fiind unitatea cunoasterii.

Dar exist√£ oare ceva √ģntre, √ģn si dincolo de discipline? Din punctul de vedere al g√ģndirii clasice, nu exist√£ nimic, cu strictete nimic. Spatiul √ģn cauz√£ este vid, complet vid, ca vidul fizicii clasice. Chiar renunt√ģnd la viziunea piramidal√£ a cunoasterii, g√ģndirea clasic√£ consider√£ c√£ fiecare fragment al piramidei, generat de big-bang -ul disciplinar, este o piramid√£ √ģntreag√£; fiecare disciplin√£ afirm√£ c√£ domeniul pertinentei sale este inepuizabil. Pentru g√ģndirea clasic√£, transdisciplinaritatea este o absurditate c√£ci nu are obiect. In schimb, pentru transdisciplinaritate, g√ģndirea clasic√£ nu este absurd√£ dar c√ģmpul s√£u de aplicatii este considerat restr√ģns.

In prezenta mai multor niveluri de Realitate, spatiul dintre discipline si de dincolo de discipline este plin, asa cum vidul cuantic este plin de toate potentialit√£tile : de la particula cuantic√£ la galaxii, de la cuarc la elementele grele ce conditioneaz√£ aparitia vietii √ģn Univers.

Structura discontinu√£ a nivelurilor de Realitate determin√£ structura discontinu√£ a spatiului transdisciplinar care, la r√ģndul s√£u, explic√£ de ce cercetarea transdisciplinar√£ este radical distinct√£ de cercetarea disciplinar√£, fiindu-i totodat√£ complementar√£. Cercetarea disciplinar√£ se refer√£ cel mult la unul si acelasi nivel de Realitate; de alfel, cel mai ades, ea se refer√£ doar la fragmente ale unuia si aceluiasi nivel de Realitate. √ęn schimb, transdisciplinaritatea se preocup√£ de dinamica provocat√£ de actiunea simultan√£ a mai multor niveluri de Realitate. Descoperirea acestei dinamici trece √ģn mod necesar prin cunoasterea disciplinar√£. Transdisciplinaritatea, f√£r√£ a fi o nou√£ disciplin√£ ori o nou√£ superdisciplin√£, se nutreste din cercetarea disciplinar√£ care, la r√ģndul s√£u, este limpezit√£ √ģntr-o manier√£ nou√£ si fertil√£ de cunoasterea transdisciplinar√£. √ęn acest sens, cercet√£rile disciplinare si transdisciplinare nu sunt antagoniste ci complementare.

Cei trei st√ģlpi ai transdisciplinarit√£tii - nivelurile de Realitate, logica tertului inclus si complexitatea - determin√£ metodologia cercet√£rii transdisciplinare.

Exist√£ un paralelism izbitor √ģntre cei trei st√ģlpi ai transdisciplinarit√£tii si cele trei postulate ale stiintei moderne.

Cele trei postulate metodologice ale stiintei moderne au r√£mas neschimbate de la Galilei p√ģn√£ ast√£zi, √ģn ciuda infinitei diversit√£ti a metodelor, teoriilor sau modelelor ce au str√£b√£tut istoria diferitelor discipline stiintifice. O singur√£ stiint√£ satisface √ģns√£ deplin si integral cele trei postulate: fizica. Celelalte discipline stiintifice nu le satisfac dec√ģt partial. Cu toate acestea, absenta unei formaliz√£ri matematice riguroase a psihologiei, istoriei religiilor ca si a multor altor discipline nu duce la eliminarea acestor discipline din c√ģmpul stiintei. P√ģn√£ si stiinte de v√ģrf, cum este biologia molecular√£, nu pot pretinde, cel putin p√ģn√£ √ģn acest moment, c√£ ar poseda o formalizare matematic√£ la fel de riguroas√£ ca aceea a fizicii. Altfel spus, exist√£ grade de disciplinaritate √ģn functie de modul √ģn care sunt luate √ģn seam√£, mai mult sau mai putin complet, cele trei postulate metodologice ale stiintei moderne.

La fel, luarea √ģn considerare, √ģntr-un mod mai mult sau mai putin complet, a celor trei st√ģlpi ai cercet√£rii transdisciplinare determin√£ diferite grade de trandisciplinaritate. Cercetarea transdisciplinar√£ corespunz√ģnd unui anume grad de transdisciplinaritate, se va apropia mai degrab√£ de multidisciplinaritate (ca √ģn cazul eticii); cea corespunz√ģnd altui grad se va apropia de interdisciplinaritate (ca √ģn cazul epistemologiei); iar cea corespunz√ģnd altui grad - de disciplinaritate.

Disciplinaritatea, pluridisciplinaritatea, interdisciplinaritatea si transdisciplinaritatea sunt cele patru s√£geti ale unuia si aceluiasi arc: cel al cunoasterii.

Ca si √ģn cazul disciplinarit√£tii, cercetarea transdisciplinar√£ nu este antagonist√£ ci complementar√£ cercet√£rii pluri si interdisciplinare. Transdisciplinaritatea este cu toate acestea radical deosebit√£ de pluri si interdisciplinaritate prin finalitatea sa - √ģntelegerea lumii prezente -, finalitate ce nu se poate √ģnscrie √ģn cercetarea disciplinar√£. Finalitatea pluri si interdisciplinarit√£tii este √ģntotdeauna cercetarea disciplinar√£. Dac√£ transdisciplinaritatea este at√ģt de frecvent confundat√£ cu interdisciplinaritatea si pluridisciplinaritatea (cum de altfel si interdisciplinaritatea este deseori confundat√£ cu pluridisciplinaritatea), aceasta se explic√£ √ģn cea mai mare parte prin faptul c√£ toate trei debordeaz√£ limitele disciplinelor. Aceast√£ confuzie este foarte nociv√£ √ģn m√£sura √ģn care ea oculteaz√£ finalit√£tile diferite ale acestor trei noi abord√£ri.

Chiar recunosc√ģnd caracterul radical distinct al transdisciplinarit√£tii √ģn raport cu disciplinaritatea, pluridisciplinaritatea si interdisciplinaritatea, ar fi totusi extrem de periculos s√£ se absolutizeze aceast√£ distinctie deoarece √ģntr-un asemenea caz transdisciplinaritatea ar r√£m√ģne golit√£ de √ģntregul s√£u continut iar eficacitatea actiunii sale ar fi redus√£ la zero.

Caracterul complementar al modurilor de cunoastere disciplinare, pluridisciplinare, interdisciplinare si transdisciplinare este pus √ģn evident√£ cu fort√£ √ģn cazul acompanierii muribunzilor. Aceast√£ abordare relativ recent√£ √ģn civilizatia noastr√£ este de o extrem√£ √ģnsemn√£tate deoarece recunosc√ģnd rolul pe care √ģl joac√£ moartea noastr√£ √ģn propria noastr√£ viat√£, descoperim dimensiuni neb√£nuite ale vietii √ģnsesi. Acompanierea muribunzilor nu se poate lipsi de o g√ģndire transdisciplinar√£ √ģn m√£sura √ģn care √ģntelegerea lumii prezente este conditionat√£ de √ģntelegerea sensului vietii noastre si al mortii noastre √ģn aceast√£ lume a noastr√£.


The International Center for Transdisciplinary Research (CIRET)
http://ciret-transdisciplinarity.org/transdisciplinarity.php - Last modified on : Thursday, October 08 2020 11:56:53

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