CHANTS DE VIE ET DE MORT

 

 

 

Que le jour s’assoit à ta table,

y demeure,

cela n’arrivera jamais !

De passage les instants, les heures, les jours,

de passage toi aussi,

de soi-même se passant,

à jamais rien d’autre que l’enfant

de la mort

apprenant la langue

de sa mère.

 

 

 

A un bout du chemin se tient

la naissance,

à l’autre la mort;

si entre soi et soi

chemine le chemin

alors la vie

n’est que le voyage sans fin

de la mort

dans sa propre naissance.

 

 

 

Son souffle que dès le premier instant

le tien accompagne,

ton visage qu’elle revêt

sans le savoir,

vos voix

qui de mots semblables et de même silence

résonnent,

toi

et ta mort,

ta sœur jumelle,

le vent et la flamme

d’un après-midi

de Dieu.

 

 

 

Le poème est lui-même

un chemin.

Le chemin du poème

est le poème même.

Sur le chemin du poème

celui qui marche

n’est pas le poème;

sur le chemin du poème

erre le poussière

engendrée sous les pieds

de la mort.

 

 

 

A juste titre on peut m’appeler:

vieillard écervelé !

Car, voilà,

j’ai mis au monde tant de choses

et n’ai pas su

que même la mort

peut être accouchée

par des mots.

 

Horia BADESCU

Bulletin Interactif du Centre International de Recherches et Études Transdisciplinaires n° 19 - Juillet 2007

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