A. Villa

la parole est à …

ALESSANDRO VILLA




Chers amis, c'est vraiment un très grand privilège pour moi d'être ici aujourd'hui et de partager avec vous la joie que j'ai eu à rencontrer René Berger. Notre première rencontre eut lieu il y a environ 15 ans, au Palais de Rumine de Lausanne, à l'occasion d'une conférence de son fils Jacques-Edouard sur la démarche du pèlerin de l'Ancien Égypte en entrant au temple. À ce moment là j'étais loin d'imaginer l'évolution qu'allaient emprunter nos rencontres professionnelles, mais avant tout l'établissement d'une amitié profonde, au delà de la raison anagraphique.

Lorsque je fréquentais l'École Polytechnique Fédérale de Lausanne (EPFL) en vue d'obtenir la maîtrise en Informatique Technique, la deuxième "première rencontre" avec René, pour reprendre le propos exprimé tout à l'heure par Henri Lopes, eut lieu dans une salle de cours. Il était assis sur les bancs d'école, comme tout autre étudiant, mais sa présence se remarquait à la fin des leçons par les questions qu'il posait aux enseignants. C'était extraordinaire, et drôle aussi avouons-le, de noter ce critique d'art mettre régulièrement "au tapis" des ingénieurs et autres scientifiques par des questions qui ne se réduisaient jamais à l'unique caractère disciplinaire de la matière qui venait d'être enseignée. La pertinence et la profondeur des observations de René sont présentes dans toute son oeuvre depuis le début, pensons à "Griffures" par exemple. Depuis les rencontres sur les bancs de l'EPFL plusieurs coïncidences ont fait croiser nos chemins et une amitié très forte a pu être alimentée chaque jour davantage par une convergence critique de nos regards sur le monde qui nous entoure, surtout au plan technologique.

J'aimerais rappeler une petite anecdote. Très souvent, en passant chez René, soit pour discuter d'un article de science, soit pour discuter d'une nouvelle ou d'une actualité politique, il m'a invité pour le déjeuner en me faisant découvrir un petit secret : sa soupe chinoise. C'est vraiment quelque chose d'extraordinaire de noter la chaleur amicale qui caractérise les préparatifs culinaires qui accompagnent cette soupe, dont j'ai eu le grand privilège d'y goutter à plusieurs reprises (et si vous passez chez lui à l'heure du repas n'hésitez pas à en lui demander, il aura toujours une recette prête pour l'occasion!). Le secret de cette soupe chinoise, qui m'a permis de mieux connaître René, est certainement le goût que l'on éprouve à cette atmosphère unique de son foyer, où la présence de Rose-Marie et de Jacques-Edouard est sans cesse perceptible et enrichissante.

C'est donc un très grand plaisir que nous partageons en cette occasion où le souvenir devient un regard au-delà du temps. Certainement que demain, lorsque nous aurons fini de fêter l'anniversaire du frère aîné de René on partira ensemble à la quête de cet absolu, à la quête de ce "topos" cyberspace, mais au-delà du cyberspace, vers cet endroit qu'il a lui-même appelé 1'u-topie u-chronique. Alors, marchons ensemble vers les origines du futur... Merci René!

ALESSANDRO VILLA

Neurophysiologue
Directeur du Laboratoire de Neuro-heuristique
Institut de Physiologie de l'Université de Lausanne


Bulletin Interactif du Centre International de Recherches et Études transdisciplinaires n° 6 - Mars 1996

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